Les larmes de sirène

Un breuvage au nectar inconnu vient d’apparaître au sein de la Confrérie des Gens de Mer de Palavas. Après une précédente expérience il y a quelques années, la décision a été prise de la réitéré avec un vin du Languedoc et plus particulièrement du secteur des Aresquiers à Vic la Gardiole.

Élixir mit en bouteilles puis immergé à quelques mètres sous le niveau de la mer, vin dont il suffisait d’une larme pour en être friand à tout jamais n’étant connu que des “peces desnudes”, entendez par là “les pieds nus” surnom donné aux habitants du littoral méditerranéen puis plus tardivement aux Palavasiens. Ce breuvage remplissant les coupes lors des agapes amicales rendait hardi les plus timides.

Mais avant de le déguster ce vin avait mûri dans les profondeurs des flots et lors de ce séjour maritime, ces bouteilles s’étaient incrustées de coquillages et d’algues apposant une sorte d’enveloppe sur les dites bouteilles.

Mais qui avait donné cette idée saugrenue aux pêcheurs, de noyer le vin afin de l’affiner et de le vieillir. Pour répondre à votre curiosité, voilà de quoi il en retourne. C’était il y a bien longtemps, un pêcheur lors d’une tempête automnale, malgré la mer démontée, a voulu aller relever ses filets, mouillés en pleine mer malgré des signes évidents d’une proche tempête, au risque de perdre ses outils de travail. Il ne revient pas et périt au large de Maguelone. Sa barque ballottée par les flots, réapparue au printemps en s’échouant sur la plage. Dans celle-ci coincée à la proue miraculeusement intacte, se trouvait sa chopine de vin rouge ayant passé l’hiver dans l’eau laissait apparaître des concrétions de coquillages et d’algues, En hommage de leur ami, les pêcheurs par curiosité la débouchère, surtout avides de goûter ce breuvage et ne pouvant résister à lever le verre. Quelle ne fût leur surprise, le vin était agréable et n’avait point péri comme son propriétaire. Maintenant que vous savez le pourquoi et le comment de cette vinification, nous pouvons vous donner le nom de baptême donné par les pêcheurs à cet élixir, il s’agit des « larmes de sirène »,

Ps : Sirène était le nom du pêcheur, mais « chut », il ne faut point le révéler au grand public, qui croit avoir affaire aux « néréides » mi femme mi poisson, c’est bien plus poétique…